Le mot ésotérisme vient du grec
esoterikos,
qui
signifie intérieur. Pour définir ses principes,
prenons un exemple dans le Tarot. La 5e Lame du Tarot est le plus
souvent appelée le Pape. Nous lui
préférons le titre de Hiérophante, de
hieros,
sacré, et
phainein,
révéler.
Le Tarot étant une affaire
d’ésotérisme et non
d’exotérisme, il n’a de rapport avec la religion que dans le
sens
le plus élevé de ce mot, à savoir : relier les êtres entre eux par les
liens du cœur, et les unir au Principe primordial grâce à la Tradition.
Cependant, les principes spirituels et
traditionnels que véhicule le Tarot ne sont, à mon sens, aucunement une
affaire de croyance. De plus,
l’Arcane 2 nommé Papesse, que nous appelons
Prophétesse, n’est pas connectée
à l’Hiérophante dans les
correspondances secrètes du Tarot. Les noms de Pape et
Papesse prêtent à confusion à ce sujet.
Comme son nom l’indique, l’Hiérophante
est le révélateur des Mystères
sacrés de l’Initiation. De sa main droite, il
trace le signe de l’ésotérisme.
L’index et le majeur tendus désignent
respectivement la vérité intérieure
cachée derrière les apparences
extérieures. Dans le symbolisme traditionnel authentique,
l’Hiérophante devrait tenir une clé dans
sa main gauche. C’est la clé des
Mystères. En dire beaucoup sur cet objet nous
entraînerait trop loin, je renvoie donc à mon
livre,
Les
clés ésotériques du Tarot, pour de plus amples
détails. Le mot Initiation, de
in ire,
signifie
entrée. Et c’est avec la clé de
l’Hiérophante que l’on entre dans les
places cachées de notre être profond.
L’ésotérisme peut servir de nombreux
objectifs, mais il me semble que c’est avant tout une voie
initiatique de réalisation. De même, il y a de
nombreuses expériences, et de nombreux degrés ou
grades dans le développement spirituel, mais il est une
Initiation qui me paraît prépondérante.
C’est celle que l’on nomme la Seconde naissance. Les rites d’entrée du
néophyte dans une Loge proposent de passer de
l’état de profane à
l’état d’initié par un rituel basé sur le symbolisme. Mais ceci est le
résumé de la longue voie que l'aspirant devra enprunter pour accéder à
l’Initiation
réelle, spirituelle et vécue dans toute sa plénitude. Nous naissons sur
le plan physique et nous devons naître une nouvelle fois sur
le plan spirituel, c'est cela qui constitue la véritable Seconde
naissance. Le Christ, qui était un sage et un grand Initié, évoquait «
le fils de
l’homme » et « le fils de Dieu
».
La filiation divine, ou filiation spirituelle, consiste dans
l’union de la conscience avec le Soi,
l’Étincelle divine ou le Principe spirituel, noyau
éternel résidant au Centre de
l’être. Il faut y voir la Pierre philosophale et
l’Élixir de longue vie des alchimistes. Ce
Principe est lié au Cœur, comme
symbolisé dans le récit de la caverne de Platon, ou du Saint Graal.
C’est encore dans l’astrologie le germe
représenté par le signe du Cancer, dont
l’éclosion est marquée par le
Capricorne. Ces deux signes sont positionnés aux deux
solstices, et la clé de l’Hiérophante
sert à en ouvrir les portes. Car ce Principe est aussi le
« Soleil spirituel », dont le rayonnement est
source de toute vie.

Certaines personnes ayant acquis des connaissances en ésotérisme
croient
que la Seconde naissance est inaccessible. Or, quand il ne
s’agit pas de superstition, la croyance est une force. Et
croire que quelque chose est impossible nous en ferme souvent les
portes. D’autres voudraient tellement atteindre cette
Initiation, et y croient tellement fort, qu’ils en oublient
les étapes nécessaires pour se
réaliser. Je crois qu’il faut trouver un juste
milieu dans ces positions extrêmes. Adoptons pour cela le point de
vue kabbalistique et son Arbre de Vie séphirotique. Il
serait une nouvelle fois trop technique de dire beaucoup sur ce sujet
assez complexe, et je renvoie à mon livre,
Les clés ésotériques du Tarot,
pour de plus amples détails.
Sur la Table d’Émeraude, attribuée
à Hermès Trismégiste, est inscrit :
« la structure du microcosme correspond à celle du
macrocosme ». Autrement dit, la constitution subtile de
l’homme est analogue à celle de
l’univers. Et, faisant partie du tout, la structure du
premier communique avec celle du second. L’Arbre de Vie
séphirotique est un symbole qui met en lumière
ces rapports, et par lequel nous pouvons y avoir accès. Il
est composé de 32 voies, comprenant 10 Séphiroth,
singulier Séphirah, qui sont des sphères de
conscience ou des plans d’existence subtils, et de 22
Sentiers qui relient ces sphères entre elles.
L’Arbre de Vie est un symbole vivant, dans la mesure
où ses archétypes universels vivent dans les
places cachées de notre conscience. Il est, de plus, capable
d’intégrer tous les types de connaissance, des
Arcanes du Tarot en passant par les signes et planètes de
l’astrologie, jusqu’aux découvertes
scientifiques.
Sur l’Arbre de Vie, le Principe spirituel est
représenté par la Séphirah
Tiphéreth, la Beauté, la Séphirah
centrale de l’Arbre. Ses attributs sont Hésed, la
Magnificence, et Géburah, la Puissance. Tiphéreth
trône sur la Colonne de l’Équilibre.
Hésed et Géburah sont situées
respectivement sur les Colonnes de la Miséricorde et de la
Rigueur, dont elles empruntent les noms. Au niveau humain, la Grandeur
de Hésed est la transmission de l’Amour pour la
prospérité de tous les êtres. La Force
de Géburah concerne la maîtrise des instincts.
Tiphéreth est la Séphirah
régénératrice, qui procure la
sérénité et la
félicité, le bonheur inconditionné et
permanent qui survient lorsque l’on atteint et maintient la conscience
du
Cœur.
Chaque Séphirah a une Expérience spirituelle qui
lui est propre. La Seconde naissance correspond à celle de
la Séphirah Malkuth, le Royaume. C’est la Vision
du Saint Ange Gardien. Nous y voyons notre propre visage,
d’où il émane une lueur spirituelle et
une beauté indescriptibles. C’est la rencontre du
Soi et de l’ego, lequel ne semble pas mourir comme on le
prétend, la « mort initiatique »
précédant la Seconde naissance étant
une sublimation de l’ego. C’est aussi la
manifestation de l’Étincelle divine dans la
conscience, le rayonnement du Soleil spirituel, ou encore
l’éclosion du germe.
En termes kabbalistiques, c’est Tiphéreth,
également appelé le Roi, qui descend rejoindre la
Reine Malkuth sa fiancée. Or la Séphirah Malkuth
représente essentiellement la Terre, notre monde, et au
niveau humain le siège de la conscience sensorielle. La
Seconde naissance peut donc se produire sur Terre, à travers notre
propre
corps.

Par conséquent, ce qui m’apparaît
être le but principal de
l’ésotérisme, celui de la recherche
intérieure conduisant à faire
l’expérience de l’Initiation,
n’est ni un vague idéal
d’élévation, ni un rêve
trompeur inaccessible. La Puissance, la Magnificence et la
Beauté sont des qualités que nous pouvons
acquérir avec beaucoup de travail et de motivation. Ces
qualités servent le devenir de l’homme dans la
logique de son évolution divine. Et si dans ce but
j’emploie de préférence le Tarot, la
Kabbale, l’astrologie et l’hermétisme,
c’est que tous ces éléments
traditionnels ne forment en réalité
qu’une seule et même Tradition, qui constitue la
voie de développement occidentale. Ma voie de
réalisation personnelle est liée à
cette Tradition, ce pour quoi je tente de servir sa restitution et sa
diffusion
à travers mes écrits
.
À mon sens, l’ésotérisme ne
ressemble pas à ces philosophies qui font sans cesse se
poser des questions sans répondre à aucune.
L’ésotérisme propose une recherche
intérieure conduisant à de vraies
réponses qui nourrissent l’âme en
profondeur. L’initié qui sait lire dans le Tarot
et en comprendre la philosophie peut apprendre quel type
d’existence nous vivons avant la naissance, et
qu’est-ce qui l’attend après la mort
physique. Il apprendra le devenir spirituel de l’homme, et
quel est le but de sa vie terrestre. Il trouvera de l’aide
pour réaliser ce but.
Il y a des choses que je sais par déduction probante issue d'un
raisonnement analytique, par intuition féconde, ou bien encore par
expérience directe. Mais un doute légitime plane sur les choses que je
crois, si elles ne subissent avec succès l'épreuve d'un ou plusieurs de
ces facteurs. Comme je l'ai précisé plus haut, l’ésotérisme ne me
semble pas une
affaire de religion ou de croyance aveugle. Non plus qu’il ne
s’agisse d’agnosticisme ni de science
matérialiste, dont les préjugés
repoussent la porte d’entrée des Grands Mystères, qualifiés
d’inconnaissables.
Le Christ
disait : « Frappez à la porte et on vous ouvrira
». L’ésotérisme est
lié à cette démarche.
Étudiez les symboles de la Science sacrée,
plongez profondément en vous-même, placez votre
énergie, votre volonté et votre motivation dans
votre évolution spirituelle et dans le bonheur de chaque
être, éprouvez-vous, et vous obtiendrez des
preuves. Non des croyances, non des rêves, non des fausses
certitudes, mais une connaissance intérieure capable de
transcender votre être, et de donner un sens
véritable à la vie.
Certains initiés sont pour le moins prudents,
réticents même à évoquer des
sujets tels que la réincarnation ou les
expériences spirituelles. Certaines personnes, au contraire,
s’engouffrent dans toutes les directions, prêtes
à tout expérimenter avec une
méconnaissance notoire des écueils sur le Sentier. Ce faisant, elles
abandonnent une qualité
précieuse qui pourrait leur éviter bien des
désagréments : leur esprit critique.
D’autres encore sont orgueilleuses mais superficielles,
réduisant par exemple le « Langage des oiseaux
» à de simples rébus, avec une
autosatisfaction affichée. L’orgueil semble
être un travers répandu dans
l’ésotérisme.
Pour ma part, j’ai dû apprendre les dures
leçons de ma témérité,
penchant déséquilibré d’une
motivation sans bornes. J'éprouve maintenant la nostalgie des
Expériences spirituelles, et souhaite que chaque être qui soit prêt à
connaître les aspects de sa propre divinité puisse y avoir accès. Ainsi
nous pouvons aborder ensemble tout sujet
ésotérique, et je suis prêt
à répondre à toutes vos questions dans
la limite de mes compétences. Mais il faut avoir conscience
du danger de certaines pratiques, qui du reste sont inutiles, voire
tout bonnement nuisibles à notre évolution. De
même, il est vain de penser avoir atteint la rive
céleste si l’on n’a pas encore
posé un pied sur le pont.